Changement climatique : la diversion
Nous assistons à une diversion gigantesque, qui vise à faire
apparaître la question climatique comme indépendante du commerce international
libéralisé. A longueur d’antenne, il n’est
question que de limiter le CO2.
Pourtant, si l’on veut vraiment s’attaquer aux problèmes de
l’environnement, cela exige la remise en cause des modes de productions
capitalistes, du libre échange et du productivisme.
Pour éviter que le vrai problème soit posé, on instaure une
sorte de terreur climatique et on tente de faire passer des mesures antisociales, telle la taxe carbone qui
finalement n’est qu’une fiscalité antisociale peinte en vert.
Tout concourt donc à culpabiliser les populations en
dédouanant les classes dirigeantes du capitalisme de leur responsabilité
première.
Prenons le cas des échanges agricoles. Quand l'Union
européenne et les Etats-Unis subventionnent l’agro-industrie pour favoriser les
exportations vers les pays du Sud, cela entraîne des transports extrêmement
nuisibles à l’environnement et empêche le développement de l’agriculture
vivrière locale.
En plus, cela multiplie les problèmes d’eau, de
déforestation... Et cela marche aussi dans l’autre sens puisque pour récupérer
des devises, afin de rembourser leur dette voire payer leurs importations
alimentaires, ces pays sont conduits à orienter leur agriculture vers l’export.
Il est impératif de briser ce cycle infernal par une politique qui permette de
viser la souveraineté et la sécurité alimentaires pour chacun.
C’est valable aussi
dans l’industrie, où les délocalisations entraînent des va-et-vient inutiles de
marchandises. Il convient donc de rapprocher les lieux de production des lieux
de consommation. Et pour cela il faut s’attaquer au capitalisme et au profit,
affronter les logiques du capitalisme. Ce que certaines forces se refusent à
faire.
Nous avons besoin de
re-localiser les activités productives, et revenir au principe simple de
l’équilibre des échanges. Il n’y a pas de raison théorique, politique ou morale
pour que des pays soient dans la situation de vendre tout le temps aux autres,
et d’autres d’acheter toujours.
Jacques Jouquez
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