La taxe carbone, la taxe qui réchauffe la finance
La taxe carbone épargne les gros consommateurs d’énergie aux dépens des ménages.
La taxe carbone, un outil inefficace
Selon la commission des experts présidée par Michel
Rocard, la taxe carbone permettra de faire baisser les émissions
de gaz à effet de serre.
Le principe est apparemment évident. La création
d’une taxe carbone à un taux conséquent devrait
provoquer « un signal prix » qui inciterait le
consommateur à se reporter sur des biens de consommation ou des
services économes en énergie, peu émetteurs et
moins coûteux pour lui.
A priori séduisant, ce mécanisme n’est pas
vérifié . Et pour cause ! Pour qu’un
automobiliste renonce à l’usage de son véhicule, il
est nécessaire que s’offre à lui un mode de
transport alternatif fiable et efficace. Ce qui est souvent loin
d’être le cas, en particulier en milieux rural ou
périurbain, où la voiture demeure l’outil principal
de déplacement.
Par ailleurs, on notera qu’en l’état, le
projet de taxe carbone épargne les industriels des secteurs gros
consommateurs d’énergie et fortement émetteurs,
comme la sidérurgie et la chimie, qui devraient être
exonérées au prétexte de « la
préservation de la compétitivité économique
de l’industrie française ».
Un hold-up sur les ménages.
La contribution climat-énergie programmée est en outre,
comme l’UFC-Que choisir l’a qualifiée, un
véritable « hold-up fiscal » de 4
milliards d’euros sur les ménages. Michel Rocard,
président de la commission des experts sur la création de
la taxe carbone, évalue lui-même la facture autour de 300
euros par an et par ménage.
La taxe est en fait un « paravent vert » visant
à dissimuler un transfert de prélèvements des
entreprises vers les salariés. Côté cour, on
institue la taxe carbone et côté jardin on supprime la
taxe professionnelle, payée surtout par le patronat.
Christine Lagarde ne déclarait-elle pas en
août : « Le manque à gagner pour
l’État lié à la réforme de la taxe
professionnelle… pourrait être compensé en partie
par les recettes de la future taxe carbone. » Le journal les
Échos, pour sa part, notait hier que « la suppression
de la taxe professionnelle devrait à elle seule
représenter un gain de trésorerie de 10 à 12
milliards pour les entreprises », la taxe carbone devant,
elle, rapporter au total 8 milliards.
À vrai dire, le projet s’inscrit tout à fait
dans l’ensemble des mesures prises par la droite depuis le
début de la crise financière qui secoue la planète.
Tout est fait pour relancer la rentabilité et la
croissance financière, mises à mal par la tourmente.
L’effet risque d’être à contre-emploi des
objectifs affichés et de nourrir la crise, la taxe
écrasant un peu plus un pouvoir d’achat des ménages
déjà passablement étrillé. Par ailleurs,
cette nouvelle baisse des prélèvements sur les
entreprises va inciter les plus grandes d’entre elles à
pousser à nouveau les feux de leurs opérations
financières.
Dans la crise également, la taxe est envisagée par
Nicolas Sarkozy comme un moyen de pression sur les pays
émergents, le chef de l’État ayant
déclaré à leur propos : « Soit ils
font un effort comme nous, soit on rééquilibrera les
conditions de la concurrence », réaffirmant, de plus,
son intention d’aborder la question au G20, de concert avec les
États-Unis.
Des normes et des critères écologiques. Pour cela, il
s’agirait de mettre en oeuvre de nouveaux critères de
gestion visant à économiser les matières
premières et le capital matériel grâce à de
nouvelles technologies non polluantes.
Cela suppose de donner la priorité au développement
humain, à l’emploi, la formation, la qualification, qui,
seuls, peuvent permettre une utilisation efficace de ces nouvelles
technologies.
Les banques pourraient aussi apporter leur note au concert en
mettant en oeuvre un crédit sélectif réduisant
d’autant les taux d’intérêt que le projet
permettrait de financer des investissements réduisant les
pollutions.
De même, les services publics pourraient mettre en musique
des mesures, un cadre pour favoriser ces changements et contribuer
à des coopérations internationales. C’est donc
à toute une transformation progressive du système
productif qu’il faut s’atteler.
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