19 mars 2010
On ne bat pas en retraite !
Les
attaques contre la retraite se multiplient depuis des années.
« Réformes » après « réformes », les retraités vivent de
moins en moins bien avec leurs pensions, les salariés, les jeunes se demandent
s’il y aura pour eux une vie après la vie professionnelle. Du « travailler
plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy ne reste plus que
« travailler plus », les heures supplémentaires, le dimanche, le
lundi de pentecôte, les 35h dans le collimateur et maintenant la retraite à 62,
65 et pourquoi pas 70 ans ? Malheureusement, Martine Aubry au nom du Parti
socialiste et Daniel Cohn-Bendit viennent de céder en ouvrant cette
possibilité. Une « première » inadmissible à gauche.
Le
système de retraite par répartition en France consiste à faire payer les
générations actives pour financer les pensions des personnes à la retraite.
Cette solidarité inter-générationnelle, construite depuis 70 ans, est un
remarquable symbole de notre système social.
Avec l’augmentation de l’espérance
de vie, et les départs massifs à la retraite de la génération du baby boom, la
question du financement des retraites se pose. Il existe plusieurs manières de
résoudre le problème.
Les
fausses solutions de la droite et du MEDEF Depuis maintenant de longues années,
la droite veut nous faire croire qu’il n’y a que trois solutions :
1-
réduire le niveau des pensions.
2- augmenter les cotisations.
3- repousser
l’âge de la retraite.
Tout cela en allégeant les charges patronales, c’est à
dire, entre autres, leur participation à la retraite de toutes et tous.
Résultat, on vit moins bien et déjà la prolongation des études, la
généralisation des emplois précaires et l’accès tardif à un emploi stable, se
traduisent souvent en fin de carrière par l’impossibilité d’atteindre les 160
trimestres validés à 60 ans. Ces mesures, outre qu’elles constituent une
régression sociale jamais vue dans notre pays, ne sont en aucun cas des
solutions. Il est malheureux de voir le Parti socialiste leur emboîter le pas,
en déclarant par la voix de Martine Aubry « qu’on va aller très
certainement vers un âge légal de départ à la retraite à 61 ou 62 ans. ».
Des
propositions pour financer les retraites
Les véritables pistes de financement
des retraites sont à trouver ailleurs. Mais pour cela, il faut avoir le courage
de s’attaquer au capitalisme financier et d’affronter ceux qui le servent ou en
profitent.
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Depuis
30 ans, les salariés français ont augmenté leur productivité, et donc la
richesse produite par notre pays, d’une manière considérable. Ils sont, avec
les américains, les travailleurs les plus productifs de la planète.
Malheureusement tous ces gains de productivité, toute cette richesse
supplémentaire produite ont été captés, détournés vers la finance aux profits
des actionnaires et des fonds spéculatifs.
L’une
des premières pistes pour financer les retraites passe par imposer, au
patronat, de taxer le capital. Particulièrement la finance qui ne participe pas
aujourd’hui à la solidarité nationale. Au contraire, elle la détruit.
Le
second moyen de financement des retraites consiste à avoir le courage de
supprimer les 30 milliards d’exonération de cotisations sociales dont
bénéficient les entreprises. Ces cadeaux au patronat n’ont créé, ni sauvé aucun
emploi, pire ils ont permis aux entreprises de mobiliser des capitaux pour les
exporter afin de financer leurs délocalisations. Ces 30 milliards permettraient
de boucher largement le déficit de la branche retraite de la sécurité sociale
qui était de 7,7 milliards en 2009.
Le
troisième moyen pour assurer la pérennité de notre système de retraite par
répartition consisterait à prendre toute les mesures nécessaires pour assurer
le plein emploi et de bons salaires : instauration d’un système de
sécurité-emploi-formation, mesures de protection contre le libre échange
sauvage pour encourager la convergence des modèles sociaux vers le haut,
dévaluation de l’Euro face au dollar.
La véritable cause des déficits actuels
des caisses de retraite est le produit du défaut de cotisations sociales dû au
chômage de masse et au blocage des salaires.
Voilà
des propositions qui permettraient de :
● Restaurer le droit pour tous à
la retraite pleine et entière à 60 ans avec 37,5 annuités.
● Donner le droit au
départ anticipé à partir de 55 ans pour celles et ceux qui ont commencé à
travailler tôt et/ou ont été astreints à des travaux pénibles.
● Prendre en
compte pour le calcul de la retraite des années d’études et de formation à
partir de 18 ans.
Ce sont
ces avancées que doit porter toute la gauche, en soutien des mobilisations
sociales, dans les échéances électorales et dans les institutions
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15 mars 2010
Un
rendez-vous capital sur les retraites
Dans une interview accordée au Monde, fin
2009, François Fillon déclare que le gouvernement « ouvrira le débat
sur les retraites en 2010 ». Il ajoute : « Nous prendrons
des décisions. Nous poursuivrons l’effort de maîtrise des dépenses
d’assurance-maladie. Nous avons à peu près les solutions pour maîtriser les
dépenses de l’Etat. […] Il faut que chacun regarde ce qui se passe dans le
monde. Notre principal concurrent, c’est l’Allemagne, qui perd beaucoup moins
de parts de marché au profit de l’Asie ».
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« Ce qui se passe dans le monde »,
c’est donc que le capitalisme français y est en difficulté, notamment face à
son principal concurrent européen : l’Allemagne. D’où l’acharnement du
gouvernement contre tout ce qui fait obstacle à la rentabilité du capital, sur
le plan intérieur. Nos conquêtes sociales sont devenues incompatibles avec le
système capitaliste. Et pour la quatrième fois en moins de 20 ans, la droite
prépare une contre-réforme drastique de notre système de retraites.
D’ici 2012, la durée de cotisation requise
pour l’obtention d’une retraite à taux plein passera de 40 à 41 ans (164
trimestres). Prévue dans la contre-réforme Fillon de 2003, cette mesure a été
confirmée en janvier 2009. Cependant, le Conseil d’Orientation des Retraites
(COR) estime que malgré ce nouvel allongement de la durée de cotisation,
l’équilibre du système ne serait toujours pas garanti, à terme. Le COR, dont le
Président est nommé en Conseil des Ministres, en est à son sixième rapport. Or,
qu’y préconise-t-il ? Selon le COR, l’équilibre du système de retraites
serait atteint, en 2020, par une augmentation de la durée de cotisation à
l’assurance-vieillesse (42 annuités en 2020) ou en agissant sur l’un – ou
plusieurs – des 3 leviers d’action possibles :
1) Le relèvement de l’âge moyen de départ en retraite.
2) L’augmentation du taux de prélèvement, pour la retraite.
3) La diminution du montant des pensions.
Des
parlementaires ont demandé au COR
d’étudier différents scénarios pour le
calcul des retraites, à l’avenir. Mais
s’ils s’affichent, devant les caméras, comme les
défenseurs du système de
retraites « par répartition » – que
nos aînés ont arraché à la classe
dirigeante, en 1945 –, ils indiquent en même temps au COR
d’autres pistes à
suivre : le « régime par points » et
le « régime
notionnel ».
Dans les deux cas, ces régimes seraient à
« cotisations définies », contrairement à nos régimes de retraites
actuels, qui sont à « prestations définies ». Actuellement, le
montant des droits à la retraite est proportionnel au salaire d’activité, et le
régime s’engage à financer les droits ainsi déterminés, quelles que soient les
évolutions de la démographie, de l’emploi et des salaires. A l’inverse, dans
les régimes « par points » ou « notionnel », le montant des
cotisations apportées au régime fixe les limites du montant des pensions qui
seront versées. En d’autres termes, le niveau des droits à la retraite fluctue
au même rythme et dans les mêmes proportions que le niveau des ressources,
auquel il doit s’ajuster en permanence.
Avec la retraite par points, l’accumulation
se fait sous forme de points, comme dans les régimes ARRCO – AGIRC ou IRCANTEC.
Le montant de la pension s’obtient en multipliant le nombre total de points
acquis par la valeur en euros du point, à la date du départ à la retraite.
L’équilibre est donc automatiquement obtenu en jouant sur la valeur – variable
– du point. Mais le calcul se baserait sur l’ensemble de la carrière, et non
plus sur les seules 25 meilleures années. Cela comprendrait, par exemple, les
périodes de chômage ! La conséquence immédiate en serait une diminution
sévère de la grande majorité des pensions.
Avec le régime « notionnel »,
l’accumulation se fait sous forme de capital « virtuel » –
« virtuel » puisque le régime fonctionnant encore en répartition, le
montant des cotisations est immédiatement reversé sous forme de pension. Lors
du départ à la retraite, ces droits cumulés seraient transformés en
pension : le montant de la pension annuelle est obtenu en divisant le
capital virtuel par l’espérance de vie moyenne du salarié à l’âge où il prend
sa retraite. Ainsi, plus la durée de vie moyenne s’allonge, plus la pension
moyenne est réduite, puisque les « droits acquis » sont répartis sur
un plus grand nombre d’années. On aura donc tout intérêt à mourir jeunes !
En juin dernier, devant les parlementaires
réunis en Congrès, à Versailles, Nicolas Sarkozy a annoncé «
un rendez-vous capital » sur les retraites. Il a annoncé que d’ici l’été
2010, « tout serait mis sur la table », à commencer par l’âge de la
retraite et la durée des cotisation. Nous comprenons qu’une nouvelle régression
du système de retraites par répartition est un rendez vous important pour le
Capital, que Sarkozy et ce gouvernement défendent avec beaucoup d’énergie.
Pendant
que le gouvernement verse des
milliards d’euros dans les caisses des banques et des
multinationales, il
prétend que « l’équilibre »
du système des retraites n’est pas assuré
– et que les travailleurs doivent payer l’addition !
Le capitalisme ne
tolère même plus les quelques avancées sociales que
les générations précédentes
de salariés ont gagnées. La CGT a déjà
annoncé des mobilisations contre cette
nouvelle agression de la droite au pouvoir. Aucune
« concertation »,
dans ce domaine, ne doit être engagée avec le
gouvernement. Il faut refuser
toute nouvelle régression de notre système de retraites
– et lutter pour son
amélioration. Pas de départ à la retraite
après 60 ans ! Des retraites
décentes pour tous ! Aucune pension ne doit être
inférieure au SMIC !
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