La dette en soi : non coupable !
[Extraits de la lettre N°97 de RAPSE: Frederic Boccara ]
Ce n’est pas à cause de la dette
en soi, mais à cause de la façon dont
elle est utilisée et à cause du coût
auquel la délivrent ceux qui la financent.
Car il en va de la dette comme de beaucoup de choses, il y a de la
mauvaise et de la bonne dette.
Pour en sortir, il serait illusoire de croire qu’il suffirait de
quelques correctifs fiscaux, tous nécessaires qu’ils soient. Ils
porteraient sur quelques dizaines
de milliards d’euros, dans des recettes d’environ
300 Mds, là où le crédit
bancaire représente près de 2.000 milliards
d’euros d’encours et a un effet
démultiplicateur considérable.
Bien sûr, il faut des mesures limitatives,
d’encadrement ou de limitation des activités
bancaires spéculatives, tout
particulièrement la taxe dite Tobin sur les
mouvements de capitaux. Mais elle ne fait surtout
qu’écorner la même logique
sans la changer et son produit serait limité. Le fait que N.
Sarkozy, A.Merkel
et W. Schaüble soient pour cette taxe montre bien certaines de
ses limites et
qu’elle peut être
« récupérée
».
Une transformation de la fiscalité est
nécessaire et utile, mais au sein d’un ensemble
portant une autre logique
qu’elle peut alors venir appuyer. Expansion sociale en
Europe, au Sud et à
l’Est ! Il s’agit d’engager
les moyens d’une nouvelle expansion sociale
en Europe (et aussi avec les pays émergents, à
commencer par les plus proches
de nous comme la méditerranée sud,
l’Amérique latine, l’Afrique et
l’Est).
Et cela ne peut se faire que par une
création monétaire
massive, un crédit nouveau, pour le développement
des services publics et
sociaux, utiles et développant les capacités
humaines, dans tous les pays
d’Europe. L’autre élément,
qui sort cependant cet article, est le crédit aux
entreprises elles-mêmes, et pas seulement aux services
publics.
La proposition du Fonds européen que propose la CGT, impulsant et organisant
ce crédit, pourrait
avoir plusieurs caractéristiques. La BCE en
contrepartie de titres des Etats (des titres non
négociables,
c’est à dire qui ne circuleraient pas sur les
marchés financiers) il pourrait
organiser l’affectation de ces fonds aux Etats, via leurs
banques centrales
nationales, par exemple, et veiller à leur utilisation en
faveur des services
publics et de l’emploi. Cela permettrait de conjuguer
initiative par les Etats,
voire par le terrain, maîtrise nationale, voire
décentralisée et une solidarité
européenne s’appuyant sur la surface
économique de mutualisation que
représente l’euro.
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