Crise financière : les banques nous ont conduits dans
le mur !
La
spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant
directement leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l'étau de la vie
chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de
droite comme de gauche, refusent de s'attaquer aux origines de la crise: la
spéculation financière et se soumettent aux diktat des marchés financiers et de
leurs agences de notations.
Pourtant,
rappelle Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, « De la Grèce à
l'Égypte en passant par l'Espagne et Israel, le monde entier rejette
l'austérité. Une vraie politique de gauche se doit d'inverser cette logique et
proposer une relance sociale ». Les solutions existent pour sortir de la
crise à condition d'avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir
marchés financiers de leur pouvoir.
La dette :
une affaire qui rapporte
Nous ne
sommes pas face à une crise de la dette publique dont l'origine serait le trop
plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.
Deux
exemples :
- Avant 1974, les États européens
pouvaient emprunter directement aux Banques centrales nationales à 0%.
C'est maintenant interdit, ils sont contraints d'emprunter sur les marchés
financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts
1200 milliards d'euros, à comparer avec les 1641 milliards de dette
publique actuelle!
- Les banques privées obtiennent
de l'argent auprès de la Banque centrale européenne (BCE) à un taux d'1,5%
pour reprêter aux États entre 3 et 15% à la Grèce pour ce qu'ils appellent
un sauvetage !
La finance
dicte sa loi
Nos
gouvernants, issus d'élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur
privé leur disant ce qu'ils doivent faire. Et plutôt que d'écouter leurs
peuples, ils s'y plient quand ils ne les devancent pas.
Deux
exemples :
- Après le plan du FMI pour la
Grèce, c'est la Banque Centrale européenne, indépendante des pouvoirs
politiques comme l'a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre
au gouvernement italien. Elle l'incite à agir par décret pour : « libéraliser
l'économie italienne, privatiser les entreprises locales qui gèrent les
déchets, les transports, l'énergie, assouplir le droit à licencier,
réduire le niveau de rémunération, réduire le niveau de protection
sociale... pour doper la productivité. »
- L'agence de notation Standard
et Poor's, qui a dégradé la note des Etats-Unis, décerne un brevet de
bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure
intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire
bien conçus » et l'encourage à poursuivre dans cette voie pour
conserver son AAA. Aux ordres, Nicolas Sarkozy demande aux parlementaires
français d'inclure la règle d'or dans la constitution, c'est à dire graver
dans le marbre constitutionnel les politiques d'hyper-austérité.
Privations
et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise
Alors que ce
sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout
est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l'addition à grand
coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.
Deux
exemples :
- Le FMI a imposé à la Grèce 50
milliards d'euros de privatisations. Le secteur privé, avec l'argent que
continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des
prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l'énergie...
Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier,
se chauffer ou s'éclairer.
- En France, le nombre de
personnes privées d'emploi continue d'augmenter de façon dramatique. A
cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne
ministre de l'Economie et des Finances de Sarkozy, préconise de
« renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la
politique d'exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant
délocalisent et licencient.
Quand on est
de gauche, on ne transige pas
Dans sa
lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de
politique européenne pour une alliance "au-delà des intérêts
partisans", à une "union sacrée pour la maîtrise des déficits publics".
Ces appels vibrants à l'union nationale relayés par des dirigeants du Parti
socialiste permettraient, s'ils étaient entendus, d'obtenir la majorité
nécessaire à l'adoption par les parlementaires de la "règle d'or".
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires :
il est
hors de question de prêter la main à l’adoption de
ce projet injuste,
inefficace, contraire à l’intérêt
général et à la souveraineté de notre pays.
Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec
détermination,
avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun
à l’élection
présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.
Changer de
logique et imposer d'autres choix, c'est possible
La France ne
doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la
dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la
dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et
européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques
et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en
relevant les salaires et en développant les services publics. La France
pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui
soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social
et solidaire des pays européens.
Et
précisément, le Parti communiste français propose :
- Un pôle public bancaire
délivrant un crédit sélectif favorable aux investissements porteurs
d'emploi, de salaires, de formations et de recherche
- Des droits nouveaux pour les
salariés à l'entreprise à l'inverse des droits de décision que se sont
octroyés les marchés
C'est cela
dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs dès la rentrée, lors de la
fête de l'Humanité et tout au long de cette année électorale.
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