Free Gaza :
Un député français embarque sur la Flottille de
la Liberté
vendredi 17 juin 2011 (08h41)
Le 18 juin sera un grand jour dans le port de
Marseille. Le Bateau français pour Gaza préparé par des dizaines d’associations,
de syndicats et de partis politiques prendra la mer pour briser le blocus
israélien contre Gaza. Jean-Paul Lecoq, député-maire PCF, s’associe à
l’initiative humanitaire et non-violente.
Le comité havrais Un Bateau pour Gaza réunit une vingtaine
d’organisations. Depuis des mois, les militant-e-s mènent campagne pour soutenir
financièrement l’envoi d’un bateau vers Gaza et dénoncer la politique
d’apartheid menée par l’Etat israélien. Plus de 4 000 euros ont ainsi rejoints
les autres collectes régionales dans la tirelire commune qui culmine à 600 000
euros. Pari gagné. Le Bateau français pour Gaza peut partir.
Trente-cinq personnes prendront place à bord.
Parmi elles - avec une cravate rouge sur la photo - Jean-Paul Lecoq,
député-maire communiste de Gonfreville l’Orcher
(Seine-Maritime). Membre de la commission des Affaires
étrangères de l’Assemblée nationale, il
s’était rendu à Gaza en février 2009, peu de
temps après Plomb durci, la sinistre opération militaire
israélienne. « Toute la zone d’activité de Gaza était rasée, broyée. Ce n’était
pas que l’effet d’une opération militaire. Derrière les canons, les bulldozers
étaient passés. Il y avait vraiment la volonté de terroriser la population
palestinienne. Même les bassins de rétention d’eau, qui ne sont pas des terrains
militaires, étaient détruits. Le président de l’Assemblée nationale avait promis
de reconstruire l’hôpital de Gaza. Nous avions l’intention de revenir un an
après pour voir l’avancement des travaux, mais nous n’avons pas eu
l’autorisation. Nous y serions pourtant allés dans le cadre d’une délégation
officielle… »
À quelques jours du départ de la deuxième Flottille de la Liberté
qui comptera une douzaine de bateaux venus d’Europe et du continent américain,
Israël hausse le ton et fait jouer ses réseaux. Ban Ki-moon, le secrétaire
général de l’ONU apporte aussi sa voix au mauvais concert en invitant les États
à tout faire pour empêcher le départ des bateaux pour Gaza. « Il
discrédite l’ONU », assure Jean-Paul Lecoq. Le 14 juin, Alain Juppé,
ministre des Affaires étrangères, s’est également exprimé au Parlement sur le
sujet. « S’agissant du projet de flottille, notre position est
très claire et je l’ai rappelé aux autorités israéliennes comme aux autorités
palestiniennes que j’ai rencontrées il y a maintenant dix jours. Nous pensons
que cette initiative est regrettable et qu’elle ne peut qu’envenimer la
situation. Nous avons demandé à tous ceux qui, en France, s’apprêtaient à y
participer d’y renoncer. »
« Cela dit, nous n’avons pas les moyens juridiques
d’empêcher des bateaux de prendre la haute mer et de se diriger vers la côte
israélienne ou vers Gaza », reconnaissait aussitôt Alain Juppé. Cette
remarque tombe à pic pour répondre à celles et à ceux qui diabolisent la
flottille pacifiste en la déclarant illégale, pirate ou même terroriste !
Curieuse manière d’analyser la situation. « C’est la politique
israélienne qui ne respecte pas le droit international. C’est la politique
israélienne qui est terroriste », assure Jean-Paul Lecoq.
Les menaces israéliennes n’entament pas la détermination des
militant-e-s venu-e-s de tous les horizons de gauche ou d’extrême gauche et
au-delà. Étienne Pinte, député UMP, ne rate en effet jamais l’occasion de dire
ce qu’il pense de la politique israélienne aux côtés du collectif Un Bateau
français pour Gaza. « J’ai prévenu Alain Juppé que je serai sur le
bateau, précise Jean-Paul Lecoq. La France se doit d’assurer
la protection d’un navire français qui a en plus de nombreux Français à
bord. » Message reçu ? Jean-Paul Lecoq n’est pas un inconnu au Parlement. En
novembre 2010, il avait été expulsé du Maroc parce qu’il voulait se rendre au
Sahara Occidental où une révolte sahraouie avait été violemment réprimée par les
forces d’occupation marocaines. Sahara Occidental, Palestine. Même violence
coloniale, même mépris des lois internationales.
En mai 2010, une première flottille non-violente, pacifiste et
humanitaire avait était violemment attaquée par la marine israélienne dans les
eaux internationales. Bilan : vingt-huit passagers blessés et neuf morts. « Des meurtres
», pour Jean-Paul Lecoq qui sera le 18 juin à Marseille
où une série de rendez-vous politiques et festifs
accompagneront le départ du bateau français. Le
député-maire ne montera à bord qu’à
Athènes, le 25 juin, pour la dernière partie de la
traversée vers Gaza. Dans sa poche, il aura une lettre de Serge
Grossvak, militant antisioniste de l’Union juive des
Français pour la Paix, qui dit : « Amis
palestiniens, je fais le rêve du jour où nous
célébrerons ensemble tout à la fois les
états israéliens et palestiniens. Je fais le rêve
du jour où nous commémorerons tout à la fois les
souffrances juives et palestiniennes. Ensemble, nous serons humains
parmi les humains. »
PROCHE-ORIENT
La situation actuelle dans les pays arabes (Tunisie-Egypte)
est porteuse d’espoir pour ces peuples, mais aussi source de
dangers. Lybie, Syrie, Yémen, Jordanie, Algérie, Maroc.
Tous ces pays vivent des contestations profondes de leur régime,
partout s’y expriment des aspirations à la liberté,
à la démocratie et à une plus juste
répartition sociale des richesses produites.
Une fois de plus, les réactions occidentales varient selon les
pays concernés et surtout de leurs intérêts.
Bombardements en Lybie, mais pas un mot sur la Syrie. Intervention des
chars saoudiens à Bahreïn, mais rien sur le Yémen.
De plus, toujours le silence en réponse aux appels pressants des
palestiniens en danger de mort à cause de l’occupation de
son territoire par Israël.
Quelques chiffres : 720 000
€/jour : intervention des mirages en Lybie. 45 000 € :
présence du porte-avion Ch. de Gaulle/ heure. 600 000€ : un
missile sol/air 50 000€ : 1 bombe à guidage laser.
On dit qu’il n’y a pas d’argent pour
l’école, les salaires, la santé mais pour faire la
guerre, l’argent coule à flot !
J. RAUSHER
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